Nous avons signé l'acte chez le notaire en mai 2024. Quatorze mois plus tard, la ferme est habitable, le devis de départ est dépassé de 87 000 €, et je peux vous dire exactement pourquoi. Voici ce que je saurais faire différemment si je recommençais.
Le vrai budget
Le corps de ferme faisait 180 m² habitables — la grange convertie incluse. Le devis initial s'établissait à 210 000 € pour une rénovation complète. Le total final est de 297 000 €, soit 1 650 € par mètre carré. La différence, 87 000 €, se décompose ainsi : 40 000 € de charpentes (pourriture non visible lors du diagnostic préalable), 22 000 € d'assainissement (la fosse septique ne répondait plus aux normes en vigueur depuis 2020), et 25 000 € de divers — carrelage revu à la hausse, sanitaires changés, isolation revue.
Ce que j'aurais fait différemment : commander un diagnostic structurel approfondi avant la signature, pas après. L'inspection préalable à l'achat coûte entre 800 et 1 500 € selon la surface. C'est peu par rapport à 40 000 € de surprise sur les chevrons.
Ce qui a bien fonctionné
L'isolation par l'intérieur en fibres de bois. Nous avions hésité longtemps entre laine de roche et fibres de bois — la première est moins chère de 30 %, la seconde est compatible avec la physiologie des murs en pierre calcaire. Nous avons choisi 12 cm de fibres de bois avec enduit chaux en parement. Deux hivers plus tard, l'humidité remontante que nous craignions ne s'est pas manifestée. C'est la bonne décision.
La cuisine aussi. Nous avons gardé le carrelage tomettes d'origine en l'état — nettoyage en profondeur, colmatage des joints, rien de plus. Certaines tomettes sont fêlées. Je les laisse. Elles font partie des 120 ans du bâtiment et je n'ai aucune envie de les cacher.
L'éclairage — un sujet que j'avais sous-estimé
Une ferme en pierre avec des poutres en chêne et des volumes de grange a besoin d'un éclairage très différent d'un appartement standard. Les spots encastrés que l'électricien proposait par défaut auraient été une erreur. Trop froids, trop uniformes, incompatibles avec la hauteur sous plafond de la grande salle (4,20 m).
Nous avons finalement choisi des suspensions articulées en métal noir au-dessus de la table de ferme, des appliques à ampoule apparente dans les couloirs, et deux appliques murales dans la chambre principale. Toutes en 2700K. Le soir, avec les poutres éclairées par les suspensions et les appliques à hauteur d'yeux dans les couloirs, la ferme ressemble à ce qu'elle est — une maison ancienne habitée, pas une rénovation de magazine.
Pour les détails sur les choix de matériaux en intérieur, je reviens plus longuement dans le billet sur les matériaux pour l'intérieur d'une ferme ancienne — tomettes, enduit chaux, boiseries.
Ce que j'ai regretté
La salle de bains du bas. Nous avons voulu faire vite — le plombier avait du temps en septembre, nous avons décidé en une semaine. Résultat : une salle de bains qui ressemble à n'importe quelle salle de bains. Carrelage blanc, bac à douche standard, rien de mémorable. Pour la salle de bains de l'étage, nous avons pris le temps de chercher un bac en pierre reconstituée et du carrelage en grès ciré. La différence est visible dès qu'on ouvre la porte. Il aurait fallu prendre ce temps pour les deux.
Les appliques BO-HA que nous avons posées dans la chambre principale sont en métal noir mat, prises secteur standard — pas de câblage apparent. Dans une ferme ancienne où ouvrir les murs pour passer des gaines est une décision importante, c'est un avantage concret. Voir les appliques BO-HA.


