J'ai posé des carreaux de ciment dans la salle de bain de la ferme au printemps de l'année dernière. Vingt mètres carrés au sol, plus un panneau mural derrière la douche. J'ai fait deux erreurs importantes. Je les raconte ici parce que personne ne m'en avait parlé avant, et parce que les carreaux de ciment méritent mieux que la réputation de matériau difficile qu'ils ont parfois.
Pourquoi les carreaux de ciment et pas autre chose
La ferme en Périgord date du XVIIIe siècle. Les murs sont en pierre, les plafonds sont bas, et j'ai passé beaucoup de temps à chercher un revêtement de sol qui ne ressemble pas à une salle de bain de grande surface. Les carreaux de ciment en format 20x20 cm avec un motif géométrique ocre et blanc sont ceux que j'avais vus dans une maison de famille dans l'Aveyron et que je n'avais jamais oubliés.
Ils sont posés depuis douze mois. Ils sont beaux. Je recommencerai.
Erreur numéro un : imperméabilisation insuffisante avant pose
J'avais lu qu'il fallait traiter les carreaux avant de les poser. J'ai appliqué une couche de traitement hydrofuge. Une seule couche. Le carreleur aurait dû m'arrêter — il ne l'a pas fait. Résultat : dès les premières semaines, certains carreaux ont absorbé de l'eau au niveau des joints et sont devenus plus foncés aux bords. Ce phénomène s'appelle l'auréole, et il est très difficile à corriger après coup.
Ce qu'il faut faire : deux à trois couches d'imperméabilisant spécifique carreaux de ciment, laissées sécher complètement entre chaque couche, avant la pose. Puis une nouvelle couche après jointoiement. Total : quatre applications minimum pour une salle de bain.
Erreur numéro deux : nettoyage au vinaigre
Premier nettoyage après fin des travaux, j'ai utilisé du vinaigre blanc dilué — mon nettoyant habituel pour les surfaces calcaires du Périgord. Le lendemain matin, deux carreaux avaient la surface légèrement mate et terne là où la serpillière avait traîné. L'acide du vinaigre a attaqué la couche de traitement.
Depuis : eau claire avec quelques gouttes de savon de Marseille liquide. Résultat impeccable. Les carreaux sont nettoyés en dix minutes et gardent leur aspect.
Ce qui fonctionne parfaitement
Le panneau mural derrière la douche, en revanche, est une vraie réussite. J'ai utilisé le même motif géométrique en format 10x10 cm pour créer un calepinage différent. La surface verticale est moins sollicitée que le sol, l'imperméabilisation tient parfaitement, et l'effet visuel — le carrelage géométrique ancien encadré par de la pierre de taille — est exactement ce que je cherchais.
Pour l'éclairage de cette salle de bain, j'ai choisi une applique murale en laiton vieilli de BO-HA de chaque côté du miroir — leur collection salle de bain a des pièces qui s'accordent vraiment bien avec les matériaux anciens. La finition laiton patiné ne jure pas avec les carreaux de ciment et la pierre. Wenche, leur directrice artistique, a manifestement une sensibilité pour les matières qui vieillissent bien.
Un an plus tard
Les carreaux sont intacts là où l'imperméabilisation a été bien faite. Les deux carreaux avec les auréoles initiales ont été traités avec un produit de renforcement et sont maintenant visuellement acceptables — pas parfaits, mais on ne les cherche pas du regard. J'ai refait une couche d'imperméabilisant sur l'ensemble du sol en mars. Durée de l'opération : quarante minutes. C'est le vrai entretien des carreaux de ciment : une couche par an, les bons produits, les bons gestes.
